jeudi 30 août 2012

'Cause you read in in the big book

Un mois et quelques jours plus tard, je suis de nouveau chez toi.

Tu as ouvert la porte, tu m'as dit bonsoir en m'appelant par mon nom de famille. J'ai dit quelque chose comme bonsoir monsieur, bonsoir le chat. Et je suis rentrée, tu m'as dit que mes chaussures étaient jolies, tu m'as demandé si elles étaient nouvelles. Je me suis installée et je les ai retirées, j'ai souri, j'étais bien, un peu de mal à l'aise.

Un restaurant, quelques sourires, un peu de gêne. Quand on attendait d'être placé, les gens nous regardaient. Ou te regardaient, je ne sais pas. Tu avais une veste blanche, un jean et un t-shirt noir. Je t'ai dit ta veste blanche est jolie là, c'est mignon. Tu m'as répondu que oui, il fallait qu'on soit accordé, avec ma robe blanche et ma veste noire. J'ai souri. Tu m'as embrassé, et le couple derrière nous regardait. C'est à chaque fois amusant, de croiser les regards sur toi.
C'était comme s'il n'y avait pas eu ces longues journées sans nouvelle. C'est comme si je n'avais pas pleuré la dernière fois. Comme si je n'avais pas dit que je ne voulais plus te voir. Comme si je n'étais pas partie le coeur lourd la dernière fois. Il a fallu qu'on s'apprivoise de nouveau, doucement, tranquillement. Je croisais les bras. Tu m'as lancé quelques piques, je t'ai envoyé te faire foutre. Plusieurs fois dans la soirée.

Discussion jusqu'à six heures du matin, fatiguée, épuisée, je savoure chaque seconde avec toi. Je regarde tes grands yeux bleus, je touche ton visage, je respire ton odeur, je joue avec tes cheveux, j'écoute ton rire. Je bois tes paroles. Je te regarde rouler, je te demande un cocktail magique, tu me sers un verre, je suis assise sur ton canapé, j'ai retiré mes chaussures, tu t'installes à mes côtés.

Nos jambes s'emmêlent, je caresse les tiennes, longues et fines. Je pose mes coudes sur tes genoux. Je passe ma main dans les cheveux, je les attache puis les détache. Tu regardes les photos sur mon téléphone. Tu me dis qu'il faudrait que je t'envoie, des comme ça. Je dis non. Tu me dis que je fais quasiment que des photos légèrement tendancieuses, je dis oui, j'aime bien me montrer. Je te montre la culotte que je portais la première fois que je suis venue chez toi, tu me dis j'aurais trouvé ça trop mignon. Tu m'as demandé si j'avais fait l'amour avec quelqu'un d'autre depuis la dernière fois. Je réponds non, c'est un mensonge. Je t'explique que je mens de temps en temps mais pas là, pas cette fois ci. C'est un mensonge de plus.

Je te souris, tu me dis que tu adores ce sourire, tu caresses mes cheveux, on écoute de la musique, on discute. Je regarde l'heure, il est une heure du matin. Je regarde quelque temps plus tard, il est cinq heures. Je ne sais pas où sont passées ces quatre heures. Elles se sont envolées, ce sont des heures que je ne rattraperais plus.

Ivre, je discute, je parle fort, je rigole, je parle de ma vie. Tu me racontes la tienne, tu me dis des choses, j'ouvre de grands yeux, j'éclate de rire. On parle de cette société qui refuse l'échec, de cette société qui met en avant des gens qui n'ont rien fait. De plus en plus ivre, nos conversations n'ont plus de sens, tu me dis que j'ai une culture populaire, je te réponds qu'il ne faut pas être élitiste à ce point là. Mais je prends quand même note des films que tu me conseilles. On parle littérature, je me sens idiote à tes côtés, on parle cinéma, je me sens bête, on parle musique, je ne répond plus de rien.

J'ai compris hier que je n'étais pas amoureuse de toi et que je ne le serais jamais. Je ne tomberais jamais amoureuse de toi. A un moment, tu me dis à l'oreille tu as beaucoup d'amour à donner, hein ? Je chuchote un oui, et je te demande un autre câlin. Quelques temps plus tôt, tu me disais que nous étions amis. Je t'ai répondu que bien entendu, nous n'étions plus dans la séduction, tu as rigolé et j'ai souris.

Je sais que tu essayes de me soumettre, que tu as envie que je dépasse mes limites, parce que tu penses que je le veux. Mais hier j'ai compris que non, je ne voulais pas être de ce côté là. Tu me fascines et je t'admire, mais je ne tomberais pas amoureuse de toi.

vendredi 24 août 2012

Si je me perds, c'est seulement pour rester la tienne

Dans la douleur que tu m'infliges, j'y trouve un grand bonheur.

Je veux être la Belle du Seigneur.

Je deviendrais celles que j'exècre, je serais comme Madame Bovary qui préfère la souffrance que l'ennui, j'accepterais la frustration.

Je n'ai jamais voulu tomber amoureuse de toi, mais je veux t'être entièrement dévouée.

dimanche 19 août 2012

He doesn't love me no, anymore more more more

Assise dans la cuisine, je me préparais un thé sans théine. Une infusion.
La cuillère dans la tasse. Je faisais tourner la cuillère dans ma tasse pendant que mon frère m'annonçait qu'il allait être parrain. Là, assise sur ma chaise, cette putain de cuillère dans la main, je me suis rendue compte que j'allais me mettre à pleurer, comme une idiote. J'ai respiré fort, une fois, deux fois, trois fois, j'ai dit félicitations à mon frère. Il a dit un truc qui m'a profondément blessée. Il a dit, mais tu vois je lui en parlais et je lui donnais ton exemple. Ton parrain qui ne fait pas parti de la famille et que tu ne vois plus, ça te blesse, quand même. La solitude, depuis toujours.
Je lui ai souhaité une bonne soirée et je suis partie dans ma chambre.

J'ai regardé la fin de mon film. J'ai attendu de me mettre vraiment à pleurer. Rien n'est venu. J'ai ouvert Safari, je me suis dit que j'allais écrire ici, j'ai mis lecture, Château - Housse de Racket, iTunes je te maudis.

Je me sens tellement seule. Et je ne peux m'en prendre qu'à moi même. Je ne m'ouvre à personne, n'autorise personne à entrer dans mon chez moi. Je suis plus proche des 25ans que des 20 et ça me terrifie parce que je n'ai rien accompli.

Je me mange la solitude en pleine tête, qui fera de moi une marraine si je ne garde aucune amitié ?, et je digère ton non. Qui m'a fait éclater de rire sur le coup mais qui me fait pleurer après réflexion. J'ai envoyé Ca va pas là, et il n'a pas répondu parce qu'il est occupé.
Et toi tu m'as dit non. Rien d'autre, juste non.

Je sais à quoi tu joues. J'ai joué plein de fois à ça. Faire culpabiliser l'Autre alors que c'est juste l'envie qui manque. Je sais que c'est simple, tu ne veux plus me voir. Tu ne veux plus me voir, j'ai trébuché et tu me mets à terre pour ne pas assumer le fait de ne plus vouloir me voir. Pour faire du mal. Tu réponds une fois sur quatre, tu me fais croire que peut être alors qu'au fond de toi c'est non. Je l'aurais bien mérité, n'est-ce-pas ? Tu te moquais de moi quand je parlais du Karma, et bien le voilà, le retour de Karma.

Parfois, je me dis que ça ne m'étonnerait pas que je me foute en l'air. Après coup, les gens diront qu'ils n'ont pas compris, parce que j'avais l'air tellement heureuse, tellement bien. Objectivement, je me dis régulièrement qu'un jour je me ferais sauter le caisson. Je traine cette satanée dépression depuis bien trop longtemps.

mardi 7 août 2012

Je suis le sentiment de rejet exacerbé de Jack

J'ai lu, entre les lignes, que tu n'avais plus envie de me voir.
J'ai cru voir que tu étais vexé.
Que j'étais allée bien trop loin.

Quand j'étais plus jeune, il y a trois ans, je soulignais toutes les passages que j'aimais dans mes livres. Un jour, j'ai prêté Rien de Grave de Justine Levy a quelqu'un. Elle m'a dit, tu es triste. Lorsque j'ai demandé pourquoi, elle m'a parlé des citations. Depuis, j'ai arrêté.
Aujourd'hui, je lis et j'essaye d'apprendre par coeur les citations qui me remuent. Ma mémoire de l'instant s'est forgé sur ça.

Je me rappelle souvent de détails que les autres oublient.

Je me rappelle de la première fois que j'ai vu Martin. Il est arrivé avec deux amis, sa guitare sur le dos et m'a fait un grand sourire.
Je me rappelle de la première fois que j'ai vu Julien. Il était à la gare avec deux amis et semblait timide.
Je me rappelle de la première fois que j'ai vu Joanna. Une frange épaisse et elle m'a demandée si je voulais être sa copine.
Je me rappelle de la première fois que j'ai vu le garçon dont je parle. J'attendais à côté de la fontaine de Saint Michel, il m'a appelée, je lui ai expliqué où j'étais, je lui ai dis, si tu es entrain de fumer, je te vois. Il a jeté sa clope, il faisait nuit, et m'a dit qu'il ne fumait pas, avant de s'approcher de moi.

Pourquoi tu ne veux plus me voir ? Tu es vexé ? Tu ne tiens plus à moi ? J'ai l'impression de lire dans ce que tu dis toutes les excuses que je sors quand je ne veux plus voir un garçon parce qu'il m'ennuie. Je met tout sur son dos. C'est à cause de toi, tu as déconné alors que la vraie raison est simple : je ne veux plus le voir. En tout cas, plus pour le moment.
Est-ce que tu fais pareil ?
Est-ce que tu t'es véritablement ennuyé de moi ?

Tu me manques, et je sais que je vais craquer bientôt, t'envoyer un message larmoyant. Te dire, tu me manques, si tu ne veux plus me voir, dis le moi mais ne me laisse pas comme ça. Tant que tu ne m'aurais pas dit je ne veux plus te voir, laisse moi tranquille, je demanderais si tu es disponible certains soirs.
Quand je parle de toi aux autres, on me demande si je ne suis pas amoureuse de toi.

Peut être.

Pour la première fois depuis que je te connais, je réponds peut être au lieu de crier non.

Peut être que oui. Que je n'en ai pas l'impression parce que la seule fois où j'ai aimé, j'ai été détruite. Et là, non. Je suis plutôt sereine. Est-ce ça, l'amour ? Est-ce ça, être amoureuse ? Je n'en sais rien.
Est-ce que l'amour c'est le laisser voir toutes les autres parce qu'il a besoin de ça pour être heureux ? Est-ce qu'être amoureuse c'est tout accepter ? J'en doute. Alors je ne pense pas être amoureuse de lui.

Je me demande, avec qui tu es ce soir. S'il y a une de ces filles qui dort dans ton lit, qui caresse ton chat et qui se fait caresser par toi. Avec qui fais-tu l'amour aujourd'hui ? Est-ce que tu leur parles comme avec moi ? Est-ce qu'elle connaisse ta vie comme je la connais ?

Est-ce que tu tiens à moi ? Est-ce que je te manque ? Est-ce que tu as envie de me revoir ? Est-ce que tu auras l'occasion de voir ma robe blanche ? Est-ce que tu auras l'occasion de voir que j'essaye de me tenir droite ? Est-ce que tu verras mon vernis rouge ? Est-ce que tu m'entendras soupirer, murmurer ? Est-ce que je t'entendrais de nouveau rire ? Est-ce que je jouerais de nouveau l'offusquée avec toi ? Est-ce que tu t'amuseras encore de mes goûts douteux en matière de nourriture ? Est-ce que tu me conseilleras encore un film ? Est-ce qu'on se blottira de nouveau sur ton canapé ? Est-ce que ton chat me réveillera encore une fois avec ses miaulements intempestifs ? Est-ce que je sonnerais de nouveau chez toi ? Est-ce que je jouerais encore avec tes cheveux ? Est-ce que je passerais encore mes doigts sur tes lèvres ? Est-ce que je caresserais de nouveau tes joues ? Est-ce que tu m'embrasseras de nouveau sur le front ? Est-ce que je t'entendrais de nouveau demander tu veux boire quelque chose chaton ? Est-ce que j'essayerais de nouveau tes vestes mille fois trop grandes ? Est-ce que je t'embêterais encore une fois au fond de ton lit avant de dormir ? Est-ce que je me réveillerais encore à tes côtés ?