dimanche 24 mai 2015

Dans Rien de Grave, Justine Levy écrit que son nouvel amoureux lui dit qu'elle doit faire quelque chose de sa tristesse, au lieu de rester à ne rien faire. Ecrire un livre, dessiner, faire quelque chose de cette tristesse.

J'y pense tout le temps, à chaque fois que je suis triste je me dis il faut que tu en fasses quelque chose.

A la place, je regarde le plafond, les larmes aux yeux ou parfois je pleure carrément, parce que je n'arrive pas à faire quelque chose de cette tristesse qui pèse une tonne sur mon coeur. Je n'arrive pas à faire quelque chose de ce poids, de cet énorme poids à l'intérieur de ma poitrine.

J'avais oublié le dernier post ici, et je pourrais réécrire le même exactement aujourd'hui. Parce qu'on était reparti, parce que je l'aime, et parce que je croyais que tout irait mieux après la dernière mise au point, mais lui non. Je crois, je ne sais pas où, je ne sais pas quand, il y a eu un malentendu, et ce même malentendu a été amplifié après cette conversation de mars.

Et voilà, deux mois plus tard... Deux mois plus tard, même conversation mais conclusion différente : on ne parle plus de prise de recul, on parle de séparation, de conversation définitive. Je pleure, et je lui dis que je ne veux pas, que je l'aime toujours, et qu'on peut continuer. Il me répond que lui ne veut pas, qu'il n'a pas le courage et qu'il a peur d'y perdre sa santé mentale. Il parle de maturité, de différences, d'amour et de sentiments.

Et cette fois ci, quelques jours plus tard - et pas des années comme semble le penser mon cerveau - je regarde le plafond et je pleure, je suis malheureuse comme les pierres. Comme toutes les pierres du monde. Je suis malheureuse et j'attends chaque jour que la nuit tombe, pour aller me coucher, et attendre le lendemain.

Et ce dernier matin dans son lit, il m'a dit, promets moi de ne pas rester dans ta chambre à pleurer et j'ai dit non, je ne te le promets pas car c'était mon programme pour ces prochains jours. J'honore à merveille ma non-promesse : je regarde le plafond, je pleure, je m'essuie les yeux, je me recouche, je regarde de nouveau le plafond, en boucle. Je ne fais rien de constructif, je ne fais rien d'utile, je pleure à intervalles plus ou moins réguliers et je regarde mon téléphone.

Je regarde mon téléphone et je bloque à chaque fois qu'il vibre, et je suis triste de ne jamais voir son prénom s'afficher, je tourne en rond, je ne sais pas ce que je dois faire. Je sais ce que je veux mais je sais aussi que je dois faire preuve de patience.

Mais comment faire preuve de patience quand le temps semble s'étirer, quand chaque journée semble durer 100 heures ?

Il avait les larmes aux yeux dans le métro, il m'a embrassé le front, il m'a répété qu'il ne voulait pas que je sorte de sa vie, il m'a dit que j'étais sa plus jolie histoire, et qu'il aurait été fière de me présenter à ses parents, et moi je savais pas quoi faire, je savais pas quoi dire. Le trajet en métro est passé tellement vite, je n'ai pas pris suffisamment de son odeur et des traits de son visage. Et il est descendu à sa station, j'ai dit bonne journée, il m'a embrassé le front, j'ai dit encore bonne journée, il avait les yeux rouges, il est descendu, la porte s'est fermée, je me suis écroulée sur le strapontin et j'ai commencé à pleurer.

Pas les gros sanglots, simplement les larmes qui coulaient sur mes joues. Dans le métro, dans les couloirs du métro, dans le deuxième métro, à la gare, dans le train, sur le trajet, en ouvrant la porte de chez moi, en caressant mon chat, en répondant oui, ça va à mon père.

Et quand ma mère m'a demandé si ça allait, je me suis effondrée, j'ai dit non, j'ai baissé la tête, j'ai pleuré et j'ai dit, je suis malheureuse comme les pierres, il me manque déjà.

Et de savoir qu'il n'est plus dans ma vie maintenant me brise le coeur. Ca me brise le coeur, et il me manque, son rire me manque, sa voix, son regard, ses mains, son nez, ses dents, ses cheveux...

Tout me manque chez toi.