mardi 27 mars 2012


Et un jour, tu m'as embrassée.

Pour être plus précise, dans la nuit de lundi à mardi, minuit quarante.

Tu as dit, tu vas partir en me faisant juste un bisou sur la joue, comme ça ? Je me suis retournée vers toi, je t'ai regardé dans les yeux, j'ai souris, je me suis approchée de ton autre joue, tu n'as pas tourné la tête, tu m'as embrassé.

J'ai répondu à ton baiser, tu as murmuré depuis le temps que j'attendais ça, je t'ai regardé, je t'ai souri, je t'ai embrassé en prenant ton visage dans mes mains.

Tu m'as dit file, j'ai souris et obéi. Je suis sortie de ta voiture, j'ai ouvert mon portail, je n'étais pas arrivée dans ma chambre que je recevais un texto, tu me manques, je t'ai répondu que je ne voulais pas te laisser partir.

Je me suis allongée dans mon lit. Et à ce moment là, seulement à ce moment là, une heure dix du matin, j'ai pensé à celle avec qui tu allais passer la nuit.

Et j'ai reçu, je m'endormirais à côté d'elle en pensant à toi.

Je refusais de te voir parce que je savais que ça se passerait comme ça. Il y a quelque chose entre toi et moi, à chaque fois qu'on se voit, à chaque moment qu'on passe ensemble, il se passe un truc.

En te regardant dans ton costard, mon verre de mauvais champagne à la main, je te regardais en me mordant la lèvre, je te regardais et te trouvais beau, je te regardais et je me disais dommage que tu ne sois pas célibataire.

Echanges de regard, caresses discrètes sous la table, tu me prends la main, je prends la tienne, je pose la mienne sur ta cuisse, tu cherches le contact, je dis des bêtises à ton oreille, tu me taquines, tu m'appelles chérie, tu parles de ta femme aux autres, tu regardes une autre brune, je répète souvent que de toutes façons, tu es fidèle, tu réponds que oui mais tes yeux me hurlent que non.

Tu me demandes d'arrêter de te regarder comme ça, je te renvoies la balle, arrête de me sourire, arrête de jouer avec ton piercing, ton décolleté me rend ouf, tu es vraiment belle, tu sais que tu es jolie ? Je suis froide et indifférente quand tu vas trop loin, tu dis à mon oreille que ça y est, tu tombes dans l'indifférence, que je ne suis que ça : une carapace. Tu me dis que je ferme les portes, que j'empêche la conversation, que je me braque, je souris et je dis non. Tu me demandes cent fois si je m'ennuie, tu me dis que tu es désolé parce que ce n'est pas un dîner en tête à tête comme tu me l'avais promis. Je te dis que ce n'est pas grave. En effet, ce n'est pas grave, je suis dans ton quotidien et je m'y sens bien.

En sortant tu me prends la main, tu dis que c'est pour que je ne me perde pas, je souris et je réponds que je ne me perdrais pas, tu ressors ton laïus sur l'indifférence, je souris, je dis que tu ne me rends pas indifférente, tu me murmures à bon ? en mettant ma main autour de ta taille.

Dans la voiture, tu me dis que tu ne sais pas si tu l'aimes encore, tu me parles de vos problèmes, je te réponds, j'ai mon ordinateur sur les genoux et tu me dis que c'est dommage, car tu ne peux pas poser ta main sur ma cuisse, je réponds que de toutes façons je n'ai pas envie. Après quarante minutes de trajet - qui m'en paraisse dix - nous sommes devant chez moi.

Je te souhaite une bonne nuit, on se voit bientôt ? Je me penche pour te faire une bise, te dire au revoir, je sens que tu veux m'embrasser et j'esquive discrètement, j'accepte un baiser sur la joue. J'en fais un sur la tienne, et tu m'as dit tu vas partir en me faisant juste un bisou sur la joue, comme ça ?

Et dans la nuit de lundi à mardi, minuit quarante, tu m'as embrassée.

vendredi 2 mars 2012

don't make me sad don't make me cry

Je sombre, petit à petit. Depuis ce matin.

Deux semaines que j'étais en apnée sans même m'en rendre compte, deux semaines que je comptais les jours sans m'en apercevoir.
Là, je suis à deux doigts d'arrêter de respirer.

Je me rendais pas compte, mais aujourd'hui j'ai regardé mon agenda et j'ai pensé à voix haute "ah tiens, deux semaines" Il ne devrait pas tarder. Je fais celle qui s'en fout, mais je crois qu'il me manque.
Je crois que c'est lui qui me manque.

Je ne sais pas si je l'apprécie ou si j'aimerais que lui m'apprécie. Je ne sais pas si je tombe amoureuse petit à petit, doucement, tranquillement, ou si j'aimerais que lui tombe amoureux de moi. Je ne sais pas.
Mais j'aurais aimé un texto, un appel, un mail, un signal, n'importe quoi. Qu'il me dise je suis rentré, on se voit bientôt chaton ?

Car j'aime sa présence, je crois que j'aimerais quelque chose avec lui, un peu plus qu'une nuit, je sais qu'il ne souhaite pas plus et parfois ça me brise le coeur, d'autre je m'en contente. Je ne sais pas si je suis soumise ou flexible. C'est lui que je veux. Pour son sourire, sa façon de parler, ses baisers, ses longs doigts, son souffle dans mon cou, ses paroles ? Ou juste pour gagner, l'avoir, qu'il tombe dans le piège ? Je me perds dans ces questions sans aucun sens, je suis parfois fatiguée de calculer. J'aimerais m'arrêter, le regarder, lui dire on joue à quoi ? Et qu'il me dise qu'on ne joue pas, qu'il n'attend rien de plus.

Mais j'en sais rien, parce que je suis fatiguée de me remémorer tous nos instants, toutes nos paroles. Je déteste mon cerveau qui s'arrête sur des détails qui ne veulent rien dire, je déteste mon cerveau d'occulter les moments où il me dit que je n'aurais rien de plus. Je déteste me souvenir de ces je tombe un peu amoureux de toi et d'oublier les c'est pour ça que je serais pas amoureux de toi, tu ne sais pas dire non. Je crois que si tu ne sais pas me dire non, tu ne sais pas dire non aux autres. Je déteste mes yeux de voir uniquement ce qui les intéresse.

Je me contente des miettes, de ce que tu acceptes de me donner. Parfois je me sens mal quand je pars, les jours qui suivent aussi et ça va mieux. Mais je ne sais pas, je dis en riant que j'ai un coeur de pierre, mais c'est vrai. Je ne ressens plus d'émotion, tu es le seul qui me fasses ressentir quelque chose. Je rencontre des garçons qui tombent amoureux, je discute avec des garçons qui m'expliquent qu'ils sont tristes d'être en couple, qu'ils aimeraient bien tenter quelque chose avec moi. Je charme des garçons, je souris, bouge les cheveux, baisse les yeux en rougissant. Je souris, je tends des perches et je les récupère parce que je ne veux pas de ces garçons là. Parce que je m'en fiche. Chaque geste est calculé avec ceux là, toutes mes paroles, tous mes silences, chacun de mes sourires, chacun de mes regards. Frontaux ou en coin, ils sont tous calculés pour le bon moment.
Toi tu me fais ressentir quelque chose. De l'affection, de l'admiration, parfois de la haine. C'est pour ça que je m'accroche un peu, que je t'apprécie parce que tu es le premier depuis deux ans pour qui je ressens quelque chose. Alors je n'arrive plus à rien. Je ne te regarde que très rarement dans les yeux, je croise souvent les bras pour que tu n'entres pas dans mon univers. Je n'arrive pas à sourire. Il m'arrive de passer vingt minutes à me plaindre, à déprimer, je me déteste dans ces moments là. Je déteste mon honnêteté avec toi, je déteste ne plus savoir jouer.

Les autres m'indiffèrent. Je les ai souvent vu pour passer le temps et pas par envie. Souvent, dans le train, je me disais que je n'avais aucune envie d'aller les voir, passer du temps avec eux. Maintenant, assise dans le métro, je suis toujours ravie de te rejoindre, impatiente, j'ai le noeud au ventre et je suis contente du temps que je vais passer avec toi. En repartant, je suis parfois conquise et d'autres fois je te hais. Je suis conquise par tes mots, tes soupirs, tes rires, tout ce que tu fais, tout ce que tu es. D'autre fois, je te hais de me laisser partir comme ça, je te hais de ne jamais me retenir, je te hais de ne pas m'aimer. Je passe quelques jours à attendre un signe, un texto ou un appel. Et ça passe.

Ca passe car après deux jours à user mes yeux sur mon téléphone, je comprends que je n'ai aucun pouvoir et toi aucune envie de me contacter, alors je laisse tomber, je zappe. Jusqu'au jour où je craque et où je t'envoie quelque chose comme es-tu disponible mardi soir ? Rarement des bonjours, rarement des nouvelles de toi, que des texto pour convenir d'un rendez-vous.

Le dernier garçon avec qui j'ai tenté de construire quelque chose, ça n'a pas fonctionné à cause de ça. Parce qu'il n'avait jamais de mes nouvelles, on ne s'appelait pas, on s'envoyait des texto de temps en temps pour convenir de rendez vous, rien de plus. Il me l'a reproché, quand je lui ai dis pourquoi tu ne le fais pas, toi ? Il m'a répondu qu'il n'osait pas. C'est marrant, parfois je me cache derrière ça quand je n'ai pas de tes nouvelles. Pourtant tu me sembles être le genre de garçon à oser.

Je ne te cerne pas, tu es comme le sable entre mes doigts. Quand je pense t'avoir attrapé, tu files, tu t'enfuis, tu t'échappes. Et je suis comme une conne avec mes mains pleines de vide. Je ne sais pas quoi faire de ton imprévisibilité, de ma difficulté à te saisir, te comprendre, t'appréhender, t'anticiper.

Alors je te donne jusqu'à dimanche soir, minuit. Après il sera trop tard.

On sait tous les deux que je mens, je crois qu'il sera trop tard quand tu le décideras. Mais ne tarde pas trop. S'il te plait