lundi 13 février 2012

En fait j'ai juste envie d'arrêter de respirer

Il m'arrive parfois de retomber dans mes épisodes dépressifs.
Ce que je vis actuellement.

Maintenant qu'on en parle, allons y, posons les bases. J'ai fait ma première dépression alors que je n'étais qu'au collège. Il m'arrive de dire que c'est un groupe de musique qui m'a sauvé la vie, je le dis en souriant, mais c'est la pure vérité. On ne s'est pas occupé de moi à ce moment là, j'ai essayé de me construire seule dans une famille totalement déglinguée qui ne s'occupait pas de moi parce que ce n'était pas grave, que c'était normal.

Alors soit, et puis ça continue depuis. Des épisodes dépressifs et de grosses dépressions. Vivre la nuit, dormir le jour. Petit à petit je me suis effondrée, cassée la gueule, enfoncée. Je suis profondément seule, tout le temps. J'ai l'impression que personne ne me comprend parce que je ne me connais pas. Je travaille pour ne pas me laisser sombrer, je fais du 7 jours sur 7 par nécessité pour ne pas m'effondrer, pour ne pas passer mes week end seule à regarder le temps passer. J'essaye de m'en sortir comme je peux.

J'ai été suivie pendant deux ans, mais je n'ai jamais réussi à parler de tout ça, j'ai pris des antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères pour m'en sortir, pour ne pas sombrer, pour ne pas m'écrouler, pour essayer de continuer à vivre.

J'ai rencontré quelqu'un avec qui je suis restée deux ans. Je l'admire pour m'avoir supporté, quelque part. Je comprends que ça se soit terminé comme ça, je comprends qu'il en ai eu marre. C'est difficile. Certaines personnes de mon entourage, ceux qui savent tout et qui me connaissent, flippent parfois et pensent que je suis quelqu'un de toxique. C'est difficile de le nier car je le suis.

Je me déteste profondément, j'essaye de bien gérer l'apparence : les fringues, la coiffure, le maquillage, le sourire, mais au fond de moi, je me déteste et je passe mon temps à m'auto-détruire. Jamais consciemment, ça ne se voit jamais réellement, mais je passe des journées sans manger, à juste boire du Coca, je fume beaucoup trop, je ne vois personne, je passe du temps avec des gens mauvais pour moi.

Et là, je resombre. Petit à petit, tout doucement, bien tranquillement, je me vois couler et je n'essaye pas de me sortir de là. Je vois quelqu'un de mauvais pour moi, qui a autre chose à faire, qui voit d'autres filles que moi, qui est détesté par mon entourage. Les gens le méprisent, mais j'ai l'impression qu'il pourrait me comprendre. J'aime parler avec lui parce que j'ai l'impression qu'il aime passer du temps avec moi, peu lui importe ce que je suis. Je ne sais pas si je joue un jeu ou pas, car je ne sais pas qui je suis.

Je ne sais pas ce que j'aime, j'ai peur de tenter de nouvelles choses parce que j'ai peur après de les assumer. J'ai peur d'assumer qui je suis, de vivre avec celle que je suis, j'aimerais être Quelqu'un, quelqu'un d'exceptionnel, d'indispensable. A la place de ça, je suis toxique.

Je suis toxique et je m'en fous, je cherche des mains tendues chez des gens qui n'ont pas la force ou l'envie de me tendre la leur. A leur place, je partirais aussi, je comprends qu'on ne veuille pas passer du temps avec moi une fois qu'on me connait. Je ne suis pas quelqu'un de bien.

Je passe bien trop de temps à m'auto-détruire pour m'occuper des autres. Je passe bien trop de temps à me détester pour aimer des gens. Je passe tellement de temps à me haïr que je n'ai pas le temps de construire des relations. Je passe mon temps à me taire.

Et je suis seule, complètement seule, je ne sais plus quoi faire.

Il m'arrive parfois, pas de vouloir mourir non, mais de vouloir disparaitre. Arrêter de manger pour qu'on ne me voit plus. Dormir pour ne plus me réveiller.

jeudi 9 février 2012

i can be your china doll

Plus le temps passe et moins je sais quoi faire. Je suis complètement perdue, comme après chacune de nos entrevues. Aujourd'hui encore plus que la dernière fois.

Nous discutons de plus en plus, quand nous nous regardons dans les yeux, je vois dans les tiens une sorte de tendresse. Mais j'ai peur que ça ne soit que le fruit de mon imagination.
J'avorte automatiquement tous les moments d'intimité psychologique que nous partageons. Je n'ai aucun problème à être nue face à toi, je n'ai aucun mal à être touchée, caressée, embrassée, mais dans les moments de discussion, je réponds souvent en souriant, ou je ne réponds pas en te disant qu'on ne se connait pas assez pour que tu saches ça. Parfois j'ai l'impression que ça te blesse, ou que ça te vexe, mais ce n'est surement que le fruit de mon imagination. Mardi soir, tu as dit mais tu te rends compte que tu viens de casser un moment d'intimité ? Comment veux tu qu'on se connaisse si tu fais tout le temps ça ? J'ai souri et t'ai embrassé, il me semble. Je pensais mais on ne se connaitra jamais chaton, tu ne sauras jamais rien de moi. 

Je passe des soirées entières à tes côtés, je parle beaucoup, tes questions m'obligent à parler de mes peurs et de mon futur, mais quand tu vas trop loin, je suis encore capable de te stopper. Je te dis souvent que je ne tomberais jamais amoureuse de toi, je t'ai dit mardi que c'était parce que j'étais sûre d'en souffrir. Nous discutons jusqu'à 5 heures du matin dans ton canapé, on alterne les conversations sérieuses et le n'importe quoi. Je suis en tailleur, je t'écoute et te regarde. Tu me demandes des bisous, tu dis des choses vexantes pour ensuite me prendre dans tes bras. Je bataille en te disant que ce n'est pas si simple, qu'il faut que tu assumes tes méchancetés. Tu insistes et tu m'embrasses dans le cou, sur le front, sur les joues, tu caresses mes cheveux. Je m'extirpe pour reprendre ma place. Je te caresse de mes yeux, parfois du bout des doigts, j'ai envie de te prendre sous mon aile, je te vois comme un grand garçon fragile. Tu es à mes côtés, on ne se touche que très peu, on discute, j'ai parfois l'impression que tu cherches à m'apprivoiser. Alors je te donne quelques trucs, quelques miettes. Ce que tu ne sais pas c'est que je te raconte uniquement ce que je veux te raconter. Les choses les plus importantes je ne les dis pas. Je suis hésitante exprès sur certains sujets pour te faire croire à la confession alors que ce ne sont pas des sujets importants à mes yeux.

Je te mens parfois. Rien de bien grave, mais je ne te dis pas la vérité, que je te dis un peu plus tard. Je joue à ne pas me montrer, je joue à contrôler qui je suis. Je joue comme les enfants, je joue à on dira que je suis... Ca m'amuse, j'aime quand tu te rends compte que j'ai dit tout et son contraire en moins de deux heures, j'aime ne pas te répondre et faire comme si tu avais mal compris.

J'aime ta façon d'être mais au fond de moi je pense que j'aime ta façon de me manipuler. Ta façon de dire que je suis belle, ta façon de dire que tu me respectes, ces instants où tu me prends dans tes bras. Parfois je me dis que tu es sincère avec moi pour instaurer une fausse confiance, que ça fait parti de ton jeu aussi. Souvent je pense que je te connais pas, que je ne te connaitrais jamais car tu joues trop, je pense que tu es faux et que tu te joues de moi. Alors je me jouerais aussi toujours de toi. Je souffle le chaud et le froid, je te dis je t'aime avant que l'on fasse l'amour, je te supplie pour rire, je contredis tous tes compliments, je te traite de méchant manipulateur et je dis que tu es horrible en prenant un air faussement choqué quand tu me racontes certaines de tes histoires.

Tu passes des heures à m'expliquer pourquoi je suis comme toi, en quoi je suis aussi une méchante, je dis non pour continuer à t'écouter parler, au fond je pense les mêmes choses que toi. Mais j'aime te faire croire que non, te faire croire que tu gagnes certaines fois, que tu as réussi ton argumentation. J'aime te faire croire que tu as réussi, que tu m'as convaincue, j'aime te faire croire que tu me connais. C'est ma façon à moi de te piéger. Mais j'ai souvent peur d'être piégée avant que tu le sois.

L'autre soir, nous étions nus, nous nous embrassions, entre deux baisers tu as dit j'aimerais que tu te laisses aller avec moi, j'ai souris et j'ai demandé pourquoi, tu m'as répondu que je serais bien plus belle, si je me laissais aller. J'imagine que j'ai rigolé, ou j'ai du répondre quelque chose comme pourquoi ? Tu ne me trouves pas assez belle ? Une question à laquelle tu n'as bien entendu pas du répondre. Parce que tu ne réponds jamais aux questions, tu fais des pirouettes, tu poses une autre question. Je laisse rapidement tomber parce que je me fiche de ta réponse.

Parfois je me demande si je te déstabilise, si tu me vois comme insaisissable ou si tu penses m'avoir totalement saisie, apprivoisée, connue, comprise.

J'ai l'impression d'avoir avancé avec toi, j'ai l'impression de t'apprivoiser. Je ne sais pas si j'ai monté tout un film autour de toi, si tu es quelqu'un de finalement très fragile ou si tu es l'homme confiant que tu sembles être. Tu me dis que tu es mal en société, tu me dis que tu ne veux pas que je t'abandonne. Et je ne sais pas si tu te confies dans ces moments là ou si tu joues. Mes amies me disent de laisser tomber, certaines m'envoient des liens vers des sites parlant de manipulateur psychologique. Je me retrouve dans certains signes tout comme je te retrouve dans d'autres.

Mardi soir, tu as sous entendu qu'on devrait se voir plus souvent, tu m'as dit tu verras quand tu viendras quand tu me parlais de ton lieu de travail, avant d'ajouter à l'occasion, tu m'as dit de te rappeler quelque chose, j'ai répondu que je le ferais pas et tu as dit que j'étais pénible, j'ai souris, demandé pourquoi, tu as répondu je sais pas, comme ça. Tu m'as demandé si je travaillais, j'ai répondu que non, tu as dit oh tiens moi non plus, enfin si mais je vais y aller tard, j'ai pas envie d'y aller. J'ai souris et j'ai du dire quelque chose ah c'est chouette ça, l'avantage d'être son propre patron et tu as fini en disant que tu faisais faire les choses que tu devais faire. Et le mercredi matin, je me suis réveillée, je suis allée prendre ma douche. Tu étais toujours nu dans ton grand lit de princesse, je t'ai dit bon, je file, tu m'as demandé un bisou et tu m'as kidnappé dans tes bras pour encore quelques heures. A s'embrasser, se câliner, rire, te moquer de moi, chercher quel animal je pouvais être pour finalement conclure sur un poussin. J'ai eu l'impression que tu ne voulais pas que je parte. La vérité ou une autre ruse pour me faire croire que tu m'apprécies ? Quoiqu'il en soit, quand je me suis dépêtrée de tes jambes, de tes bras, de ta couette j'ai eu l'impression que tu me laissais partir avec regret. Tu es parti dans la salle de bain, je me suis enfuie, avant de partir, j'ai dit bon voyage petit chat à ton appartement, j'ai dit au revoir à ton chat qui miaulait et j'ai claqué la porte doucement.

Depuis, étrangement, tu me manques.