Je suis amoureuse de l'amour. Je tombe amoureuse des histoires plutôt que des personnes. Les histoires qui se passent mal m'inspirent, me donnent la parole.
La souffrance me fait vivre. Elle est ma bouffée d'air frais.
Je pense que la passion peut me sauver, et je reste stoïque à regarder tout ça autour de moi. Parfois, je préfèrerais me laisser aller, tomber amoureuse de celui dont j'ai déjà parlé, souffrir, savoir qu'il ne m'aime pas plutôt que d'être dans ma situation actuelle. Je n'ai pas l'impression de vivre, d'avoir des choses à dire, ma vie me semble plate, pâle, morne. J'aimerais vivre les débuts chaotiques d'une histoire qui ne rime à rien. J'aimerais crier après quelqu'un, pleurer dans ses bras, m'excuser, m'endormir, m'enfuir, attendre qu'il me rattrape, retourner vers lui, lui dire que je suis désolée. Vivre dans cette atmosphère particulièrement douce de la peur de le perdre. Cette peur qu'il s'en aille me donne de l'air. Savoir qu'il est là et qu'il peut partir me donne envie d'être meilleure.
Je suis amoureuse de l'amour, je pense que l'amour peut me faire vivre.
Souvent, quand je rentre chez moi après l'avoir vu, je me persuader d'être attachée, je me persuade de beaucoup l'aimer.
Je pense à tes yeux, à ton corps, à tes grandes jambes, à ton absence de fesse, à ton gros nez, à ton sourire tellement mignon. Je pense à tes chatons que tu me murmures, à ton bonsoir mon ange avant de m'embrasser quand tu arrives, à tes câlins, à ta façon de parler de toi comme d'un ours. On va manger comme des ours, on va se coucher comme des gros ours, tu es un petit ours, je suis un méchant ours.
Nos conversations qui ne mènent à rien, ta façon de me parler des films que tu as vu, ceux que tu me conseilles. Tu bouges tout le temps, tu te lèves pour te rassoir, tu disparais dans la salle de bain et moi je reste dans ton salon. Tu as cette façon de vivre comme si je n'étais pas là, tes mains autour de ma taille, sur mes cuisses, ta façon de poser tes jambes sur les miennes, de poser ta tête sur mon épaule. Ton chat qui me tripote les cheveux. Ton rire de môme, tes discours d'enfants, ta voix de gamin.
J'aimerais ne pas avoir peur et me laisser aller. Ne pas avoir peur de ton jugement, de tes impressions. J'aimerais avoir assez confiance en moi pour imposer celle que je suis et ne pas avoir peur de ne pas te plaire. Parfois, avant de venir chez toi, je porte des talons, je met du rouge à lèvre, je me dis que si je fais plus femme, tu t'accrocheras à moi. C'est n'importe quoi, alors j'enlève le rouge à lèvre, je chausse mes bottines, je met un bonnet. Je me dis ce soir, je vais être comme je suis. Et j'arrive chez toi, je suis impressionnée par ton naturel, par ta façon d'être, par toi. Par toi tout entier. Et je me tais, je suis bloquée, comme l'impression que quelqu'un censure ce que je dis, fait attention à chacun de mes gestes. Souvent, j'ai envie de t'embrasser là, sur le pas de la porte, dans ton ascenseur, j'ai envie que tu me caresses sous le porche d'un immeuble, te faire du pied au restaurant, te plaquer contre le mur et tirer tes cheveux. A la place, je ne te regarde même pas dans les yeux, je regarde au sol et je m'en veux d'être si gourde, si timide, si pudique, si apeurée. Je regarde mes chaussures, je regarde ton t-shirt, je devine ton corps. J'aimerais passer des heures à te déshabiller, à caresser chaque centimètre carrés de ton corps, te découvrir tout entier, connaître le nombre des grains de beauté qui sont là, au hasard de ton corps, regarder si tu as des cicatrices, que tu m'expliques d'où elles viennent, que tu me racontes tes souvenirs d'enfants, tes meilleures amours, tes pires. Tes joies et tes peurs. Tes peines et tes rires.
J'aimerais tomber amoureuse de toi. Tu serais ma muse, celui qui m'aide à devenir meilleure. Tu serais celui que je déteste le plus au monde, celui qui me fait le plus de peine. Tu serais celui que j'aime, qui me ferait sourire, me sentir belle. Tu serais celui sur qui je compterais pendant que tu ne serais jamais là. J'en souffrirais et ça me ferait vivre. Je respirerais au rythme de nos rencontres, de tes absences, de tes coups de fil, de tes sms, de tes prises de contact, de tes disparitions. Je passerais mes nuits à me demander avec qui tu es, qui va dormir à tes côtés en attendant mon tour. En arrivant chez toi, je chercherais les signes d'une autre. Je me mordrais la langue avant de te demander avec qui tu étais. Et je ne dirais rien.
Je vivrais nos rencontres en espérant que ce ne soit pas les dernières. On irait au restaurant, au cinéma, nous visiterions Paris de nuit, nous nous promènerions dans le froid, ton bras serait autour de mes épaules, le mien autour de ta taille, tu me prendrais la main, tu m'embrasserais les joues, le nez, les cheveux, le front. Tu serais assis à côté de moi au restaurant, tu m'embrasserais l'épaule et tu me murmurerais un tas de trucs à l'oreille qui me feront sourire, rire, rougir.
Peut être que finalement nous tomberions amoureux. J'utiliserais ce début chaotique, cet amour et cette haine que j'ai envers toi comme une force pour nous détruire, pour me détruire et pour apprécier une histoire sans avenir, qui ne mènera à rien. Je passerais mon temps à te donner tout ce que j'ai, tout mon amour, je garderais précieusement chacun de tes sourires comme des trésors, je chérirais les moindres attentions, et finalement je crierais que ce n'est pas assez, que je t'ai aimé depuis le début pendant que tu te moquais de moi.
J'attendrais que tu t'excuses, murée dans le silence, tu me prendrais dans tes bras et on attendra la prochaine tempête que je provoquerais avec bonheur.
mardi 27 décembre 2011
mardi 13 décembre 2011
Par lâcheté, j'croyais qu'plus j'm'attachais moins ça marchait.
C'est souvent comme ça. Je joue la fille détachée, je regarde les choses se faire, se défaire, le temps qui passe, les gens qui évoluent. Je les regarde vivre sans vouloir les connaitre et un jour hop, comme ça, sans raison, il y en a un qui sort du lot et que j'ai envie de le connaitre.
Celui-ci, je l'ai rencontré sur AdopteUnMec, il était là, il m'avait charmé plusieurs fois et cette fois ci j'ai accepté. Un échange de mails sans grand intérêt où il détourne le principe du site en me demandant pourquoi je veux lui parler. Echange de numéro très rapidement, un appel concis pour qu'il entende ma voix, quand je raccroche je suis déjà conquise. Avec le temps, je comprendrais que je suis déjà conquise, comme tant d'autres. Parce que je suis loin d'être la seule, nous sommes plusieurs à être tombées dans le panneau.
La première fois que je l'ai vu, je me suis demandée ce que je foutais là, mais une fois dans le taxi, j'étais triste de l'avoir quitté. Triste et déçue. J'avais passé un bon moment même si je ne m'étais pas dévoilée une seule seconde et si je n'avais fait qu'écouter et regarder le personnage face à moi. J'ai passé ma soirée à me demander qui il était. A regarder ses gestes, à ne pas le regarder dans les yeux, à regarder ses omoplates, son cou, ses épaules. M'attarder sur sa bouche, ses jambes croisées, sa main sur ma cuisse. Ecouter ses mots, sa bouche près de mon oreille, sa façon de rire, ce côté très enfantin, ses longs cheveux noirs. J'ai passé ma soirée à me demander comment il arrivait à se coiffer comme ça, à tenter de déchiffrer ce curieux très grand bonhomme aux intonations enfantines.
Quand il m'a embrassé la première fois dans ce bar aux sièges défoncés, je n'ai pas tellement compris ce qu'il m'arrivait. C'est assez étrange comme sensation, je ne sais pas si c'est l'alcool ou l'obscurité de l'endroit, mais c'était la première fois depuis un bon moment que je n'avais pas été embrassée comme ça. Je suis finalement incapable de dire si c'est lui, si c'est l'endroit ou si c'était le bon moment. Je l'écoutais parler, mes cheveux étaient devant mon visage, il s'est approché de moi, a dit quelque chose en rapport avec la conversation et m'a embrassée. Sûr de lui, sachant que je n'allais pas refuser, tourner la tête ou l'envoyer balader.
Nous nous sommes revus à l'étranger une dizaine de jours plus tard. Je pense que la ville a beaucoup ajouté au charme de cette rencontre. Parfois je me demande si lui s'en souvient et je crois que la réponse est non. Il doit se rappeler des faits, des brides de conversation mais pas du moment. Je ne crois pas qu'il se souvienne de ce qu'on a fait, des endroits où nous sommes allés, de cette danse ridicule, de ses baisers complètement impudiques devant les regards médusés. De la nuit que nous avons passé, de ce que je lui ai raconté assise dans ce fauteuil, de la fausse simplicité du moment. Assis par terre dans cette chambre d'hôtel, à boire une vodka-cranberry dans un gobelet en carton. Le matin quand je suis partie, qu'il m'a embrassée en me disant qu'on se verrait à Paris tandis que je le laissais dans ce grand lit blanc, froid.
Nous nous revoyons de temps en temps. Il ne m'embrasse plus le matin, il continue de dormir. Parfois je rentre chez moi ravie de cette entrevue, d'autre fois je supprime son numéro, désactive mon compte et supprime toutes les façons que j'ai de le contacter. Et je passe à autre chose, il revient souvent vers moi une semaine plus tard. Parfois c'est une dizaine de jours après notre dernier rendez vous.
Plus le temps passe et plus je trouve nos rendez vous agréables. Je ne sais pas trop pourquoi. La dernière fois que nous nous sommes vu, nous n'avons pas couché ensemble. Je me suis endormie dans ses bras, je ne sais pas ce qu'il attendait de moi, mais je n'avais besoin que de ça, d'une tendresse qui n'attendait rien en retour. Peut être attendait-il quelque chose, mais c'était un de ces soirs où je n'avais pas envie de donner quoique ce soit.
Je n'attends pas après lui. Parfois je me dis que je suis qu'une femme-objet dans son palmarès et ça me rend un peu triste, mais plus souvent, je m'en fiche un peu. J'aime bien les moments que nous passons ensemble, j'aime bien sa façon d'être et sa façon de se comporter avec moi. J'aime bien oublier un peu qui je suis en voyant quelqu'un qui n'est pas du tout de mon quotidien. Nous n'avons rien en commun, une relation serait impossible (et ridicule) mais les moments que nous passons ensemble sont des bouffées d'air frais dans un quotidien qui souvent m'étouffe.
Celui-ci, je l'ai rencontré sur AdopteUnMec, il était là, il m'avait charmé plusieurs fois et cette fois ci j'ai accepté. Un échange de mails sans grand intérêt où il détourne le principe du site en me demandant pourquoi je veux lui parler. Echange de numéro très rapidement, un appel concis pour qu'il entende ma voix, quand je raccroche je suis déjà conquise. Avec le temps, je comprendrais que je suis déjà conquise, comme tant d'autres. Parce que je suis loin d'être la seule, nous sommes plusieurs à être tombées dans le panneau.
La première fois que je l'ai vu, je me suis demandée ce que je foutais là, mais une fois dans le taxi, j'étais triste de l'avoir quitté. Triste et déçue. J'avais passé un bon moment même si je ne m'étais pas dévoilée une seule seconde et si je n'avais fait qu'écouter et regarder le personnage face à moi. J'ai passé ma soirée à me demander qui il était. A regarder ses gestes, à ne pas le regarder dans les yeux, à regarder ses omoplates, son cou, ses épaules. M'attarder sur sa bouche, ses jambes croisées, sa main sur ma cuisse. Ecouter ses mots, sa bouche près de mon oreille, sa façon de rire, ce côté très enfantin, ses longs cheveux noirs. J'ai passé ma soirée à me demander comment il arrivait à se coiffer comme ça, à tenter de déchiffrer ce curieux très grand bonhomme aux intonations enfantines.
Quand il m'a embrassé la première fois dans ce bar aux sièges défoncés, je n'ai pas tellement compris ce qu'il m'arrivait. C'est assez étrange comme sensation, je ne sais pas si c'est l'alcool ou l'obscurité de l'endroit, mais c'était la première fois depuis un bon moment que je n'avais pas été embrassée comme ça. Je suis finalement incapable de dire si c'est lui, si c'est l'endroit ou si c'était le bon moment. Je l'écoutais parler, mes cheveux étaient devant mon visage, il s'est approché de moi, a dit quelque chose en rapport avec la conversation et m'a embrassée. Sûr de lui, sachant que je n'allais pas refuser, tourner la tête ou l'envoyer balader.
Nous nous sommes revus à l'étranger une dizaine de jours plus tard. Je pense que la ville a beaucoup ajouté au charme de cette rencontre. Parfois je me demande si lui s'en souvient et je crois que la réponse est non. Il doit se rappeler des faits, des brides de conversation mais pas du moment. Je ne crois pas qu'il se souvienne de ce qu'on a fait, des endroits où nous sommes allés, de cette danse ridicule, de ses baisers complètement impudiques devant les regards médusés. De la nuit que nous avons passé, de ce que je lui ai raconté assise dans ce fauteuil, de la fausse simplicité du moment. Assis par terre dans cette chambre d'hôtel, à boire une vodka-cranberry dans un gobelet en carton. Le matin quand je suis partie, qu'il m'a embrassée en me disant qu'on se verrait à Paris tandis que je le laissais dans ce grand lit blanc, froid.
Nous nous revoyons de temps en temps. Il ne m'embrasse plus le matin, il continue de dormir. Parfois je rentre chez moi ravie de cette entrevue, d'autre fois je supprime son numéro, désactive mon compte et supprime toutes les façons que j'ai de le contacter. Et je passe à autre chose, il revient souvent vers moi une semaine plus tard. Parfois c'est une dizaine de jours après notre dernier rendez vous.
Plus le temps passe et plus je trouve nos rendez vous agréables. Je ne sais pas trop pourquoi. La dernière fois que nous nous sommes vu, nous n'avons pas couché ensemble. Je me suis endormie dans ses bras, je ne sais pas ce qu'il attendait de moi, mais je n'avais besoin que de ça, d'une tendresse qui n'attendait rien en retour. Peut être attendait-il quelque chose, mais c'était un de ces soirs où je n'avais pas envie de donner quoique ce soit.
Je n'attends pas après lui. Parfois je me dis que je suis qu'une femme-objet dans son palmarès et ça me rend un peu triste, mais plus souvent, je m'en fiche un peu. J'aime bien les moments que nous passons ensemble, j'aime bien sa façon d'être et sa façon de se comporter avec moi. J'aime bien oublier un peu qui je suis en voyant quelqu'un qui n'est pas du tout de mon quotidien. Nous n'avons rien en commun, une relation serait impossible (et ridicule) mais les moments que nous passons ensemble sont des bouffées d'air frais dans un quotidien qui souvent m'étouffe.
lundi 5 décembre 2011
Les gens heureux n'ont pas d'histoire.
J'ai du mal à concevoir mes relations sans violence, sans manipulation, j'ai du mal à m'imaginer dans une relation saine, claire, sans aucun doute ni questionnement. Je ne me vois pas assise à côté de quelqu'un sans lui parler, j'ai du mal à saisir l'avantage de la routine. Dire bonne nuit à la même personne chaque soir me terrifie, prendre mon petit déjeuner en face du même garçon m'angoisse, discuter d'EDF et du loyer avec un homme me fait vraiment flipper.
Je ne parle que de relations amoureuses parce qu'amicalement, je ne vois pas mes relations autrement que très lisses, tendres, sans heurt ni violence. Mes amis sont mes bouées, ils sont là pour m'aider à ne pas couler, ils ne doivent pas me bousculer, je ne supporte plus d'avoir des amis qui me secouent pour me faire réagir.
J'aime le drame, j'apprécie que ça se bouscule dans mes relations amoureuses. J'adore me poser des questions sur l'homme que j'ai en face de moi. J'aime ne pas savoir qui il est, j'aime qu'il se joue de moi, j'aime qu'il me manipule, qu'il se moque de moi, qu'il m'utilise. J'aime qu'il ne veuille pas de moi, qu'il n'ai pas envie de vivre quelque chose avec moi, j'aime ceux que les autres appellent les Connards. J'aime les Connards qui annulent les rendez-vous au dernier moment, qui me font des faux compliments, qui soufflent le chaud et le froid, qui réussissent à briser des coeurs en un claquement de doigts.
Parce que j'aime leur inventer des histoires qui expliqueraient leur comportement. Il est timide, il a souffert, il ne sait pas s'y prendre, c'est un ancien moche donc maintenant il joue de son physique, il a eu des problèmes dans son enfance, son ex l'a trompé puis quitté, une fille s'est jouée de lui. Je leur invente des excuses, ils n'ont pas besoin de m'en donner, j'en ai pleins pour eux. J'adore ça, et j'adore par dessus tout les sauver.
Je leur pardonne le mal qu'ils me font parce que ça me fait me sentir vivante. Je ne sais pas si je souffre vraiment, je suis plus souvent euphorique que malheureuse. Quoiqu'il en soit, les autres pensent que je souffre, donc le comportement de ces Connards est censé être douloureux, mais il me fait respirer. Ce comportement est ma bouffée d'oxygène, leur attitude est ce qui me fait me sentir vivante face à l'autre sexe.
Je me suis retrouvée face à des Gentils, mais je n'arrive pas, je n'ai personne à sauver, ils n'ont pas besoin de moi, je n'ai pas l'impression de leur être indispensable, leur vie est aussi jolie sans moi. Alors que les Connards souffrent, ils ont besoin de moi, ils ont besoin d'une infirmière, ils ont besoin d'être dorloté, d'être chouchouté.
Mes préférés sont les Connards Silencieux. Ceux qui ne parlent pas d'eux. Il est simple de leur inventer une vie, une histoire, une situation, des drames. Mon imagination répond aux questions qui les rend silencieux, j'analyse chaque soupir, chaque regard. J'analyse les mots choisis, les silences, les sourires, je les rend triste ou heureux selon ce qui m'arrange, je garde seulement le bon, et je pense que les méchancetés sont là pour me faire fuir, elles sont dites uniquement parce qu'ils veulent voir jusqu'où je suis capable d'aller pour les sauver, pour les sortir de leur Enfer personnel. Je suis persuadée qu'ils me testent en étant méchant.
Je ne sais pas si c'est de la naïveté ou de la bêtise, mais je n'arrive pas à me dire qu'un Connard est juste un Connard. Mes Connards sont des garçons qui souffrent, mes Connards sont souvent prétentieux mais je leur trouve toujours une excuse : ils font semblant, ils ne sont pas vraiment prétentieux, derrière ce masque, cette carapace, il y a un garçon timide, un garçon qui a souffert et je donnerais tout pour qu'ils se confient à moi, je rêve de les soigner d'une maladie qui n'existe pas.
Et dès que j'ai l'impression d'avoir réussi, dès que je pense qu'ils vont mieux, qu'ils se sentent enfin bien, je peux m'en aller.
Et chercher quelqu'un d'autre à sauver.
Je ne parle que de relations amoureuses parce qu'amicalement, je ne vois pas mes relations autrement que très lisses, tendres, sans heurt ni violence. Mes amis sont mes bouées, ils sont là pour m'aider à ne pas couler, ils ne doivent pas me bousculer, je ne supporte plus d'avoir des amis qui me secouent pour me faire réagir.
J'aime le drame, j'apprécie que ça se bouscule dans mes relations amoureuses. J'adore me poser des questions sur l'homme que j'ai en face de moi. J'aime ne pas savoir qui il est, j'aime qu'il se joue de moi, j'aime qu'il me manipule, qu'il se moque de moi, qu'il m'utilise. J'aime qu'il ne veuille pas de moi, qu'il n'ai pas envie de vivre quelque chose avec moi, j'aime ceux que les autres appellent les Connards. J'aime les Connards qui annulent les rendez-vous au dernier moment, qui me font des faux compliments, qui soufflent le chaud et le froid, qui réussissent à briser des coeurs en un claquement de doigts.
Parce que j'aime leur inventer des histoires qui expliqueraient leur comportement. Il est timide, il a souffert, il ne sait pas s'y prendre, c'est un ancien moche donc maintenant il joue de son physique, il a eu des problèmes dans son enfance, son ex l'a trompé puis quitté, une fille s'est jouée de lui. Je leur invente des excuses, ils n'ont pas besoin de m'en donner, j'en ai pleins pour eux. J'adore ça, et j'adore par dessus tout les sauver.
Je leur pardonne le mal qu'ils me font parce que ça me fait me sentir vivante. Je ne sais pas si je souffre vraiment, je suis plus souvent euphorique que malheureuse. Quoiqu'il en soit, les autres pensent que je souffre, donc le comportement de ces Connards est censé être douloureux, mais il me fait respirer. Ce comportement est ma bouffée d'oxygène, leur attitude est ce qui me fait me sentir vivante face à l'autre sexe.
Je me suis retrouvée face à des Gentils, mais je n'arrive pas, je n'ai personne à sauver, ils n'ont pas besoin de moi, je n'ai pas l'impression de leur être indispensable, leur vie est aussi jolie sans moi. Alors que les Connards souffrent, ils ont besoin de moi, ils ont besoin d'une infirmière, ils ont besoin d'être dorloté, d'être chouchouté.
Mes préférés sont les Connards Silencieux. Ceux qui ne parlent pas d'eux. Il est simple de leur inventer une vie, une histoire, une situation, des drames. Mon imagination répond aux questions qui les rend silencieux, j'analyse chaque soupir, chaque regard. J'analyse les mots choisis, les silences, les sourires, je les rend triste ou heureux selon ce qui m'arrange, je garde seulement le bon, et je pense que les méchancetés sont là pour me faire fuir, elles sont dites uniquement parce qu'ils veulent voir jusqu'où je suis capable d'aller pour les sauver, pour les sortir de leur Enfer personnel. Je suis persuadée qu'ils me testent en étant méchant.
Je ne sais pas si c'est de la naïveté ou de la bêtise, mais je n'arrive pas à me dire qu'un Connard est juste un Connard. Mes Connards sont des garçons qui souffrent, mes Connards sont souvent prétentieux mais je leur trouve toujours une excuse : ils font semblant, ils ne sont pas vraiment prétentieux, derrière ce masque, cette carapace, il y a un garçon timide, un garçon qui a souffert et je donnerais tout pour qu'ils se confient à moi, je rêve de les soigner d'une maladie qui n'existe pas.
Et dès que j'ai l'impression d'avoir réussi, dès que je pense qu'ils vont mieux, qu'ils se sentent enfin bien, je peux m'en aller.
Et chercher quelqu'un d'autre à sauver.
Inscription à :
Articles (Atom)