J'adore ça. Toutes mes histoires sont des drames, je sabote petit à petit tout ce que je construis. Professionnellement, personnellement, tout le temps, je sabote, je détruis. Je prends dans mes petites mains, je chéris tout ça et d'un coup, je serre le poing et je détruis tout.
Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Peut être que ça me fait vivre, sûrement que j'y prends du plaisir. Mais je fais tout ce qu'il ne faut pas faire. J'aime détruire, saboter, me ruiner, me rendre triste. Je prends du plaisir dans la souffrance que je m'impose.
Jusqu'à quand ?
Quand est-ce que j'arrêterais ça ? Est-ce qu'un jour, simplement, je serais heureuse ? Sans tout gâcher, sans coups de grâce ? Sans attendre que tout s'effondre ? Quand est-ce que j'assumerais tout ce que je fais ?
Je sais que j'ai hâte de prendre mon billet d'avion et de lui envoyer un message. Je décolle le 15 novembre, le retour est pour le 17 mars, pouvons-nous nous voir avant ça ? Qu'il me dise non, ou qu'il m'ignore, encore et toujours. Je ne sais pas quoi faire. Il me manque au plus profond de moi. Mon coeur manque un battement quand j'entends son prénom, son diminutif. Parfois j'aimerais dormir pour l'oublier.
La voilà, la drama-queen, la voilà...
Pourquoi lui bordel ?
Souvent, il m'arrive de repenser au tout début. Je me demande quand est-ce que tout a été gâché. A quel moment j'ai tout ruiné. J'aurais dû me laisser aller mais maintenant il est trop tard. Une fois, dans son lit, j'ai serré les dents pour ne pas lui dire je t'aime. J'ai donné toute mon âme, j'ai bloqué tout mon coeur, pour ne pas lui dire je t'aime.
Je ne sais pas si je l'aimais à ce moment, je ne sais pas si je l'aime toujours, mais à ce moment là, mon corps a eu envie de lui murmurer, doucement, tendrement, un je t'aime à l'oreille. Je t'aime parce que tu es grand. Je t'aime parce que tu es beau. Je t'aime parce que j'aime tes yeux. Je t'aime parce que j'aime ta bouche, j'aime ton sourire. Je t'aime parce que j'aime tes bras, tes mains, tes doigts, ton corps. Je t'aime car j'aime le blanc de ta peau. Je t'aime parce que j'aime t'entendre rire. Je t'aime parce que tu me fascines, je t'aime parce que tu as tout le contrôle. Je t'aime parce que tu me fais mal.
C'est exactement ça. Je t'aime parce que tu me fais souffrir, je t'aime parce que tu essayes de me sortir de mon côté control-freak, je t'aime parce que tu as essayé de me faire sortir de moi même. Je t'aime parce que tu n'as peur de rien, je t'aime parce que tu me fais du mal, je t'aime parce que tu m'offres des moments d'intensité. Je t'aime parce que j'aimerais passer des journées entières chez toi sans forcément te parler. Je t'aime parce que je ne t'intéresse pas, je t'aime parce que tu t'en fiches de moi. Je t'aime parce que tu n'as pas besoin de moi.
Mais moi j'ai besoin de toi, alors c'est aussi pour ça que je t'aime.
C'est ce que je voulais lui dire ce soir là. Aujourd'hui, je ne le pense pas. Je ne sais pas quand je l'ai vu la dernière fois, ça date d'il y a bien trop longtemps. Notre dernière conversation m'a brisée le coeur, si demain je viens chez toi, je risquerais d'éclater en sanglots. Comme une de ces fois, mais en pire, parce que je te dirais le mal que tu me fais et le plaisir que j'y prends. Je pleurerais parce que tu t'en fiches de moi, parce que tu n'as aucun intérêt pour moi, parce que je ne t'apporterais jamais rien. Parce que je n'ai rien à t'apprendre.
Je pleurerais tous mes échecs parce que tu en es le miroir. Je pleurerais pour que tu me serres dans tes bras. Je pleurerais parce que j'aimerais tout lâcher, tu serais mon échappatoire, parce que tu es le seul à pouvoir ôter mes barrières mais tu ne t'en rends pas compte.
Je suis totalement perdue sans toi. Je ne sais pas ce que je veux, je te déteste de m'avoir rendu comme ça, je te hais de m'avoir rendue accro à toi, totalement dépendante. Tu es un amant terrifiant, tu me brises le coeur à chaque instant, je ne veux pas être toutes les autres, j'aimerais être différente à tes yeux, j'aimerais que tu me vois autrement, j'aimerais que tu me prennes dans tes bras, j'aimerais que tu m'embrasses le front, j'aimerais revenir en arrière, j'aimerais trouver le moment où j'ai déconné.
Est-ce que c'est moi ? Aide moi, ne me laisse pas, reviens moi. Ecris moi, appelle moi, propose moi de venir, rentre chez toi, commande à manger pour nous, laisse moi revenir sur ton canapé, laisse moi caresser ton chat, rigoler de tes idées, prendre une douche chez toi, partager ton lit, te dire de t'éloigner de la salle de bain parce que je vais aux toilettes, prépare moi un cocktail, raconte moi des choses, parle moi des films, montre moi des clips, montre moi des courts métrages, apprends moi des choses, parle moi du dernier livre que tu as lu, sors moi tes théories que tu défends, embrasse moi encore, met tes jambes sur les miennes, laisse moi m'allonger sur toi, laisse moi m'installer près de toi, laisse moi me déshabiller à côté de ton lit, laisse moi mettre ma tête dans ton creux, souffle moi un bonne nuit, frustre moi, caresse moi, embrasse moi, laisse moi te toucher, laisse moi t'embrasser, laisse connaitre le bonheur de toucher ta peau, laisse moi te donner tout l'amour que je porte.
Même si tu ne m'aimes pas, même si tu ne m'aimeras jamais, laisse moi me détruire grâce à toi. J'atteindrais le Graal, la meilleure partie, j'y serais, je me serais détachée des contraintes, je me serais dépassée, j'aurais réussi à me détester totalement, j'aurais atteint le fond.
Et peut être, qu'à ce moment là, je pourrais rebondir.