Un <3 pour ruiner tout le travail.
Après t'avoir écrit, supporté tes non-réponses, t'avoir appelé une fois même, j'ai réussi à ne plus penser à toi. Je disais aux gens que tu étais devenu Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom, mon Voldemort à moi, trop occupée aux préparatifs de mon voyage, je n'avais pas le temps de penser à toi. Trop occupée à penser à mon permis, je n'avais pas une seule seconde pour me rappeler ton existence.
Et hier, 21h15, un texto. Ton numéro - que je connais par coeur, bien évidemment - s'affiche sur mon téléphone. Un coeur, un simple coeur, un putain de coeur. Un coeur qui ne veut rien dire. Un coeur qui veut juste dire Tiens, tu pensais t'en sortir ? Je suis encore là, un coeur pour me mettre en prison, un coeur pour me mettre dans cet état là. Un coeur et je rameute le monde entier. Un coeur et je laisse les autres décider de mon avenir.
Mais quoiqu'il arrive, dans douze jours, je décolle. Mon avion s'envole et je te laisse loin derrière. Des centaines de millier de kilomètres n'ont sépareront, toi à Paris, moi au bout du monde. Je n'ai pas une seule seconde à t'accorder - peut être éventuellement un dîner - et je suis pathétique à penser à ça alors que tu ne le proposeras même pas. Ce coeur était une façon de faire en sorte que je ne t'oublie pas, tu vas retourner dans ton silence, tu vas me laisser dans le brouillard.
Mais je ne reviendrais pas, j'ai d'autres choses à penser, et dans douze jours je décollée, dans treize j'atterris au bout du monde, avec mon sac à dos et des tas de choses à découvrir. J'aimerais que dans treize jours, tu n'existes plus pour moi. J'aimerais faire ce voyage l'esprit libre. Sans toi