dimanche 30 juin 2013

Si tu ne mets pas trop longtemps, je t'attendrais ici. Toute ma vie

J'ai commencé un livre qu'A. m'a prêté.

Je crois que, comme l'écrit l'auteure, j'ai aussi vécu une passion. Choisir mes vêtements en fonction de ses choix, regarder les films qu'il a aimé, parler avec les autres des livres qu'il a lu, des musiques qu'il a écouté et qu'il a aimé. Conseiller aux autres des trucs que j'ai découvert chez lui, le faire vivre encore un peu lorsqu'il n'est pas là.

Et attendre.

Attendre.

Attendre à côté de mon téléphone qu'il sonne. D'entendre sa voix, de lire ses mots.

Alors c'est un peu passé maintenant, et je me sens vide du coup. Je me demande, comment je fais maintenant ? Qu'est ce que je fais ? Je n'ai rien ressenti chez Sephora. J'ai souvent imaginé ses yeux devant mes lèvres rouges, devant le trait d'eye liner, devant les longs cils. La passion serait elle finie ? Terminée ? Emballée ? N'en parlons plus... Et laissons tomber.

Je ne t'imagine plus me regarder, je ne sais pas quoi porter jeudi, et je m'en fiche. C'est le livre qui m'a fait prendre conscience de ça.

Je ne sais pas quoi faire.

Je ne sais pas quoi faire parce que je respirais Toi et je sentais ton odeur partout. Je discutais Toi et je m'animais enfin quand nous parlions de sujet que tu connaissais. Même quand tu n'étais pas là, je te faisais vivre à mes côtés. Comment les gens autour ne voyaient pas que tu étais là, à côté de moi ? En moi, même parfois.

Il m'arrivait, chez moi, de refaire nos conversations, de changer mes réponses et d'imaginer les tiennes. Regarder les publicités, tomber sur les tiennes et sourire. Et me dire que je pourrais désormais parler de toi sans mentionner ton nom ni ton statut.

Il n'y a jamais eu d'amour, simplement beaucoup de passion.

A New York il n'y avait pas d'amour, au restaurant japonais il n'y avait pas d'amour. Il n'y a jamais eu d'amour sur ton canapé, dans ton ascenseur, sur la terrasse d'un quelconque restaurant. Il n'y avait pas d'amour dans mes larmes une fois que je suis montée dans le taxi. Il n'y avait pas d'amour dans mes larmes dans ton lit.

J'avais oublié ce moment, et je viens d'y repenser. A cette nuit où j'ai pleuré dans ton lit, et entre deux sanglots j'ai dit que c'était la dernière fois. La dernière fois que je dormais dans ton lit, la dernière fois que je t'embrassais et la dernière fois même que je te voyais.

Et j'ai ensuite pleuré, supplié de te revoir.

Mais pas d'amour, jamais d'amour. De la passion, beaucoup, énormément, partout. La passion, le contrôle, Belle du Seigneur encore et toujours, ne pas éternuer, être magnifique, sans défaut, parfaite. Souriante, parfaite, agréable, gentille et adorable.

Aujourd'hui, je cherche, partout, une autre passion. Une passion de la même augure.

Une histoire qui ne fonctionne pas. Je vais vers des garçons en couple, je ne veux jamais détruire leur couple, je ne veux pas me détruire, je veux vivre la Passion à l'état pur. Vivre à travers un Absent, que ma vie soit en deux parties : l'attente et la présence. L'attente qu'il vienne et sa présence. De nouveau l'absence, une journée, deux, trois, deux semaines, un mois, et sa présence, une heure, six heures, une nuit...

Je craque pour un autre homme. Sa main sur ma taille quand il passe derrière moi, ses bonjours en me touchant les bras lorsqu'il serre la mains des autres, ses conversations, sa voix lorsqu'il m'appelle et qu'il me demande comment je vais. Quand il m'explique que j'ai besoin d'un homme qui prenne soin de moi, et mes réponses, bien évidemment, tu sais bien, regarde, je suis un ange, je suis un chat, j'ai besoin qu'on prenne soin de moi.

Il ne sait pas, lui, comment me prendre. Est-ce que je suis sérieuse, est-ce que je rigole ? Ah ça fait plaisir de te voir, une semaine en toi et je ne dormais plus en attendant ton retour, son sourire gêné, son rire, ses mais non ! tu exagères, mon sourire et les gens qui ne comprennent jamais si je suis sérieuse ou pas.

Bien évidemment, il n'est pas toi alors je ne vis pas la même chose. Mais je sais que, c'est dans ces moments là que je ne sombre pas totalement, parce qu'il y a quelqu'un dans ma vie, même si c'est à un moindre degré que toi et qu'il ne t'arrive pas à la cheville. Quand je suis pas loin de lui, je me demande s'il sent et s'il aime mon parfum, mais aucune Passion, juste envie de lui plaire et de parvenir à le faire sortir de son quotidien avec celle qui partage sa vie.

Rien à voir avec ce que j'ai vécu avec toi.

Mais aujourd'hui, je n'arrive plus à écrire à ton propos. Le temps de la passion est terminé, je crois, j'en ai bien l'impression. C'est dommage, c'était une jolie époque, un chouette moment.

La dernière fois que je t'ai vu avant de décoller pour le bout du monde, nous avons discuté et tu étais un peu étonné que je prenne un taxi et que je m'en aille, tu as refusé de me le payer, mais je suis allée au bout, j'ai bu un thé Mariages Frères, il me semble que c'était le Thé de l'Aventurier, tu l'as choisi pour moi. On a discuté, tu m'as dit que tout allait bien se passer. Et je suis montée dans mon taxi et j'ai pleuré, je t'ai envoyé un texto. Tu m'as répondu quelque chose que j'ai lu au moins mille fois durant mon voyage. Je l'ai relu dans un bus de nuit au Vietnam et j'ai pleuré.

A mon retour, je t'ai revu et je me suis sentie à ma place.

C'est sûrement ça aussi, la Passion. Se sentir à sa place à un endroit où on ne l'est pas.