jeudi 19 mars 2015

Ca sera sans toi alors, alors j'n'ai plus qu'à être d'accord

Ca recommence, je n'ai rien à te reprocher mais je ne sais pas si je me vois continuer avec toi.

Après ça, il y a eu des câlins, des bisous dans les cheveux, les larmes aux yeux, le noeud au ventre et la douleur au coeur. Il y a eu cette nuit partagée, évidemment, je crois qu'il m'a retenue de prendre un taxi pour rentrer chez moi, je me suis endormie et réveillée à chaque fois qu'il quittait le lit.

Le temps passe lentement, il s'étire, il traine, je marche dans du goudron encore frais, et je ne sais pas comment faire. J'essaye de prendre le dessus mais je ne ressens plus rien, je suis désolée, souvent, d'être difficile à vivre comme je le suis et de trop compter sur les autres. Je lui ai dis, tu sais, tu m'empêches de couler et je sais que j'aurais dû le garder pour moi, c'est trop difficile pour lui d'entendre ça, parce qu'il n'a pas la force pour me retenir d'être au fond. Il ne sait pas quoi faire de moi, alors qu'en vrai je n'attends pas grand chose mais c'est trop précis.

Je me reveille le matin en me disant, je m'en fous en fait, il n'est pas fait pour moi et après, la douleur du temps qui passe, lentement, les minutes qui semblent être des heures, le sommeil qui revient en masse pour que le temps passe plus vite et que je ne me retrouve pas trop longtemps face à l'angoisse.  Je ne pleure pas, je suis juste simplement dans une mélasse qui m'empêche d'avancer.

Evidemment, je l'aime comme il est, mais plus je grandis et plus je me rends compte que l'amour ne suffit pas et je crois que cette fois ci, il ne suffira vraiment pas. Et qu'on se reverra, ou peut être jamais d'ailleurs, et qu'il me dira que c'est terminé, ou peut être que nous n'aurons jamais cette conversation et que ça se terminera simplement comme ça, sans raison, sans discussion et que la dernière nuit que nous avons passé ensemble est peut être vraiment la dernière.

J'alterne entre l'envie de pleurer et celle de continuer à vivre normalement. Je ne me bat pas contre les larmes mais à l'intérieur de moi c'est lourd, mon coeur pèse une tonne. Je ne sais pas quoi faire pour l'alléger, l'attente me fait du mal, je n'aime pas savoir où j'en suis. Je continue de parler de lui en disant mon mec. Mon mec est aussi comme ça, j'en parlais avec mon mec, je n'ai jamais autant parlé de lui que ces derniers jours, comme pour conjurer le sort.

Mais ce n'est pas ça qui conjurera le sort, s'il décide de se séparer de moi, il le fera, ça sera son choix et je ne pourrais rien faire, et s'il continue de penser qu'on est dans un impasse, alors on fera demi-tour et on ira chacun de notre côté. Je pense que nous sommes simplement face à un muret et qu'on peut l'escalader - pas le contourner - mais lui n'a pas l'air de croire ça. Le problème est qu'on ne peut jamais forcer quelqu'un à faire quelque chose qu'il ne veut pas faire.

Vu le garçon qu'il est, il n'aura aucun mal à rebondir, il n'en sera pas malheureux longtemps.
Vu la fille que je suis, je mettrais longtemps à me relever, j'en serais malheureuse, je m'enfermerais longtemps dans une sorte de carapace, encore et encore et encore.

Et je me demande si j'avancerais un jour, si j'arriverais à me faire confiance, si j'arriverais à ne pas avoir peur des autres et de moi.

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