Il me semble que ça y est, tu t'es lassé.
Ca y est, c'est terminé, tu t'es lassé.
Je ne dirais pas comme les autres, je ne dirais pas que je ne t'oublierais jamais puisque c'est faux. Je t'oublierais, comme les autres. Déjà je n'ai pas souvenir de ton rire ou du son de ta voix. Déjà je ne sais plus la saveur de tes baisers, ni la douceur de tes caresses.
J'oublie la douceur de ta voix, les contours de ton visage, la douceur de ta peau.
J'oublie et, quelque part, j'ai envie de pleurer. Parce qu'il n'est pas encore temps, tu ne peux pas m'abandonner maintenant, parce que tu n'as pas fini ce que tu as commencé. J'aimerais encore m'endormir dans tes bras, et que tu caresses mes cheveux. J'aimerais encore m'assoir sur ton canapé, et que tu poses tes jambes sur les miennes, que tu fumes ta fausse cigarette, qu'on mange sur ta petite table, que tu présentes à manger à ton chat pour qu'il le renifle.
Je me sens comme Reiko face à Yazaki. Tu n'es pas mon maître, je ne suis pas ton esclave. Mais j'ai l'impression de pouvoir tout accepter de toi. Même que tu m'abandonnes. Je ne t'en veux pas, je suis juste triste, un peu. Enfin, non, pas triste. Je me sens véritablement abandonnée. C'est tellement, tellement, tellement étrange ce sentiment. Tu ne fais pas parti de ma vie, tu n'es pas dans mon quotidien, tu n'es nulle part sauf quand je te vois. Tu n'es nulle part sauf quand je suis chez toi. Tu n'existes pas sauf quand tu es en face de moi.
J'oublie, petit à petit. J'oublie le code d'entrée de ton immeuble, j'oublie le son du parquet qui craque, j'oublie la douceur de tes draps, le confort du matelas. J'oublie ta façon de marcher, de te mouvoir. J'oublie, petit à petit, qui tu es et d'où tu viens.
Et je sais que toi, ce n'est pas petit à petit que tu m'oublies. C'est que tu ne te souviens pas de moi. Je crois que tu t'amuses de moi autant que je me suis amusée des autres. Je comprends ce que tu ressens, j'ai échoué avec toi, j'ai décidé de te faire confiance, sans jamais te le dire.
J'aimerais que tu restes pas trop loin, qu'on se rappelle et qu'on se revoit, qu'on discute et qu'on se raconte nos vies.
Mais si tu redébarques dans ma vie, dans deux jours, un mois, six mois, un an, sache juste que je ne dirais plus oui à tout, je mettrais de nouveau ma carapace, je refuserais de t'embrasser et je te mentirais souvent. Pour reprendre le contrôle.
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